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Ruby Villar-Documet

Neurosciences et Psychophysiologie Clinique Appliquée

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Le syndrome d’autisme Asperger (TSA : Trouble du Spectre de l’Autisme) : Diagnostic, Décryptages, Neurofeedback

1.- Qu’est-ce que le syndrome autisme asperger (TSA) ?

TSA signifie : Trouble du spectre de l’autisme. Le syndrome d’Asperger a été observé pour la première fois sur des enfants dès les années 1940 par Hans Asperger, pédiatre autrichien. En 1944, il décrit la symptomatologie de 4 enfants âgés de 6 à 11 ans dont il relate les cas de manière détaillée.

Même s’il est clairement déterminé que Kanner et Asperger ne se connaissaient pas, la convergence dans la description des traits fondamentaux de l’autisme est frappante – avec quelques nuances. Dans la description faite par Asperger, on retrouve : le repli sur soi, les troubles du langage, la tendance à la ritualisation, les bizarreries psychomotrices et l’importance de l’altération dans les capacités d’interaction sociale. Cependant, sa description concerne quatre cas d’enfants atteints de forme d’autisme d’intensité variable et dont les capacités intellectuelles se situent globalement au-dessus de celles des cas décrits par Kanner.

Contrairement à l’autisme de Kanner, le syndrome d’Asperger n’implique donc aucun déficit intellectuel. Ils possédaient ainsi de bonnes possibilités intellectuelles avec une expression moins sévère de l’autisme que celle décrite par Kanner. On parle alors d’autisme de haut-niveau. Malgré ceci, Asperger constate des déficits sociaux qui, cependant, n’empêchent pas l’individu d’être capable d’atteindre un certain niveau de réussite et d’être intégré socialement. Asperger considère ainsi que « ces individus extravagants peuvent s’intégrer socialement ».  

Dans son étude de 1981, Lorna Wing, fut la première à utiliser le terme de Syndrome d’Asperger. Elle remarquait que certains enfants présentaient les traits de l’autisme classique dans leur jeune âge, mais qu’ils développaient ensuite un langage fluide et un désir de nouer des relations. Ces progressions permettaient de dépasser le diagnostic d’autisme classique (selon les critères d’études de Kanner), mais ils s’approchaient davantage de la description initiale de Hans Asperger.

En 1983, Lorna Wing (Burgoine & Wing) décrit les principaux signes cliniques du syndrome d’autisme d’Asperger en ces termes : ces enfants manquent d’empathie, leurs interactions sont unilatérales, naïves et inappropriées (anomalies qualitatives dans les interactions sociales). Ils ont une incapacité ou une capacité restreinte à établir des relations amicales. Ils présentent un langage répétitif, pédant, leur communication non-verbale est pauvre, ils manifestent un intérêt marqué pour certains sujets (intérêts restreints) sur lesquels ils reviennent avec insistance (activités répétitives). Ils présentent également une maladresse motrice, un défaut de coordination et des postures bizarres.

L’autisme et le syndrome d’Asperger font partie des troubles envahissants de développement (TED), entité clinique issue de la traduction des termes pervasive developmental disorders et qui apparaît en 1980, dans le DSM-III (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, troisième édition) et en 1993 dans la CIM-10 (Classification internationale des maladies de l’organisation mondiale de la santé, dixième édition,1992).

Dans la quatrième version révisée, le DSM intègre cinq catégories des troubles envahissants de développement (TED) : le trouble autistique, le syndrome de Rett, le trouble désintégratif de l’enfance, le syndrome d’Asperger, et aussi le trouble envahissant du développement non spécifié (TED-NS).

Le DMS IV expose la définition suivante pour les TED : ce sont des troubles qui se caractérisent par des déficits sévères et une altération envahissante de plusieurs secteurs du développement (capacités d’interaction sociales réciproques, capacités de communication) ou par la présence de comportements, d’intérêts et d’activités stéréotypés, restreints ou répétitifs. Ces déficiences qualitatives doivent être en net décalage par rapport au stade de développement du sujet ou à son âge mental.

L’Autisme conventionnel et le syndrome d’Asperger sont couramment désignés comme des troubles du spectre autistique. Le syndrome d’Asperger est un trouble neurologique complexe affectant la socialisation, la sensibilité sensorielle, la motricité, le caractère et le langage d’un individu. Il s’agit d’un trouble non-évolutif qui peut être diagnostiqué chez le très jeune enfant dès l’âge de 2 ou 3 ans.

Contrairement à l’autisme de Kanner, le syndrome d’Asperger n’implique aucun déficit intellectuel.

 

2.- Origine du syndrome Asperger :

En 1944, Hans Asperger considère l’origine de ce trouble comme héréditaire en constatant des similitudes de caractère entre les patients et des membres de leur famille, dont surtout le père, et il rajoute : « Le fait que ces enfants soient autistiques n’est pas dû à des influences d’éducation défavorables d’un enfant unique, mais à des dispositions héritées des parents, lesquels sont aussi autistiques »

De récentes recherches ont permis de mettre en évidence que 46% des membres au premier degré de la famille https://www.neurofeedback-neuroscience.fr/wp-admin/post.php?post=1558&action=edit#d’un enfant avec un syndrome d’Asperger ont un profil similaire en termes d’aptitudes et de comportements (Volkmar, Klin and Pauls, 1998). Ces résultats suggèrent que le syndrome d’Asperger pourrait, au moins partiellement, avoir une origine génétique.

Cependant, comme l’autisme conventionnel, le syndrome d’Asperger résulte de particularismes neurologiques. Certaines zones du cerveau de l’enfant Asperger ne fonctionnent pas comme elles le devraient, et les rôles qu’elles remplissent habituellement chez les sujets typiques sont remplis par d’autres zones corticales.

Certaines études suggèrent aussi que le syndrome d’Asperger implique une prédominance de l’hémisphère gauche sur le droit. L’hémisphère gauche est le siège du langage, du raisonnement abstrait et de la logique. L’hémisphère droit est quant à lui le siège des émotions les plus courantes, de l’empathie, et de la créativité. À cause de la prédominance de l’hémisphère gauche, les individus Asperger présenteraient des facilités dans les activités faisant appel aux capacités typiques de cet hémisphère, et des déficits dans celles impliquant l’autre. Cette théorie n’explique toutefois pas l’intégralité des symptômes du syndrome.

Les particularismes d’Asperger sont certainement bien plus nombreux. La prédominance de l’hémisphère gauche est un bon point de départ, auquel il conviendrait d’ajouter l’emploi supérieur à la moyenne des deux lobes frontaux (Ceci dit ; les individus Asperger ont une tendance forte à l’intellectualisation des sentiments, des ressentis et des sensations. On sait aujourd’hui que certaines fonctions remplies par le lobe temporal sont déportées vers les lobes frontaux, qui sont des zones associatives permettant — entre autres — le raisonnement abstrait. Chez l’individu Asperger, certains sons et certaines images sont traités par le lobe frontal, alors qu’ils le sont par d’autres zones chez les individus typiques. Cette particularité fonctionnelle pourrait aussi expliquer la forte propension des individus Asperger à la synesthésie).

…À l’heure actuelle, l’origine exacte de ce syndrome n’a pas encore été déterminée.

 

3.- Epidémiologie :

La prévalence du syndrome d’autisme Asperger est variable selon les définitions choisies pour les études.

La première étude réalisée par Wing et Gould, en 1979, retrouvait une prévalence de 1,7 pour 10000, avec un sex-ratio de 3,8 garçons pour 8 filles.

Utilisant leurs propres critères (Gillberg et Gillberg, 1989), Gillberg et Ehlers., en 1993, retrouve dans une population de 1500 jeunes âgés de 7 à 16 ans, une prévalence de 3,6 pour 1000 [23]. Cette étude semble confirmer les dires d’Asperger en 1944, qui disait que ce tableau clinique était fréquent pourvu qu’on sache le reconnaître.

Dans une étude de Fombonne et al. de 2005 elle est de 3 pour 10000, en utilisant les critères DSM-IV. Dans son étude de 2009, elle est évaluée à 6 pour 10000.

La fréquence du trouble est plus élevée chez le garçon, avec un sex-ratio de 3,8 garçons pour 8 filles dans l’étude de Wing et Gould (1979); de 4 garçons pour une fille pour Gillberg et Ehlers. Cette différence est parfois expliquée par une plus grande capacité chez les filles avec syndrome d’Asperger de « camouflage social ».

En termes statistiques, on suppose aujourd’hui qu’une personne sur cent souffre de troubles plus ou moins marqués du spectre autistique. Le syndrome d’Asperger est nettement prévalent chez les garçons : seuls deux individus Asperger sur dix sont des filles.

 

4.- Complexité du diagnostic :

 Contrairement à l’autisme conventionnel (autisme infantile dit « autisme de Kanner »), la symptomatique du syndrome d’Asperger est très complexe. Alors qu’un enfant autiste présente rapidement des signes qui ne trompent pas (retard ou absence de langage, absence de considération de l’autre, refus parfois violent du contact physique…), le comportement de l’enfant Asperger, s’il est atypique, est à première vue insuffisamment étrange ou handicapant pour faire songer à une pathologie.

Une reconnaissance récente :
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Si la découverte du syndrome d’Asperger date maintenant de 70 ans, sa reconnaissance à grande échelle par la médecine est très récente. Les travaux de Hans Asperger n’ont pas été diffusés avant les années 80, et le syndrome d’Asperger n’a fait son entrée dans la classification mondiale des maladies qu’en 1993. En conséquence, de nombreux psychiatres et psychologues n’ont jamais été formés au diagnostic de ce syndrome et manquent de connaissances à son sujet, ce qui peut les conduire à des erreurs de diagnostic. C’est pour cette raison qu’en cas de suspicion de syndrome d’Asperger, il est fortement conseillé de se tourner vers le Centre de Ressources Autisme (CRA) le plus proche, qui offre la garantie d’un personnel compétent.
Plusieurs des principaux symptômes du syndrome d’Asperger sont identiques à ceux d’autres troubles, si bien que les professionnels peu familiers de ce syndrome peuvent poser un diagnostic erroné en ne prenant en compte qu’une partie des symptômes de l’enfant. Un enfant Asperger pourra par exemple être diagnostiqué comme intellectuellement précoce, comme hyperactif, ou encore comme sujet à des troubles anxieux ou obsessionnels compulsifs (TOC). Si les symptômes qui ont permis ces diagnostics peuvent être bel et bien présents chez un enfant Asperger, ils s’inscrivent alors dans un spectre plus large que le professionnel peut ne pas avoir remarqué. À l’inverse, il existe des cas plus rares où un enfant peut être diagnostiqué comme Asperger alors qu’il ne l’est pas.

Déroulement du diagnostic :
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Pour résumer, le syndrome d’Asperger ne peut être diagnostiqué chez un enfant que s’il présente un faisceau très précis de symptômes, et qu’il les présente tous. Ainsi, un enfant présentant des symptômes de troubles anxieux ne sera diagnostiqué Asperger que s’il présente simultanément d’autres symptômes typiques de ce syndrome. En l’absence de ces symptômes supplémentaires, le diagnostic se limitera à un trouble anxieux. Le diagnostic d’Asperger exige donc que l’enfant présente l’intégralité des principaux symptômes de ce syndrome. Dans le cas contraire, le diagnostic devra s’orienter vers d’autres pathologies.
Il existe diverses grilles de diagnostic pour dépister le syndrome d’Asperger, et toutes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Les critères arrêtés par la société américaine de psychiatrie seront donnés plus bas à titre indicatif. En règle générale, le dépistage du syndrome d’Asperger chez l’enfant durera plusieurs semaines. Il comprendra une série de questionnaires que l’on fera remplir à l’enfant ou aux parents, des séances d’évaluation auprès d’un orthophoniste, divers examens psychoaffectifs (comme identifier des expressions faciales à partir de photos) ainsi que des consultations avec un psychiatre et un psychologue.

Adaptation des enfants :
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Par ailleurs, un autre paramètre vient compliquer le diagnostic : les enfants Asperger ont en effet pour caractéristique de chercher par tous les moyens à gommer leurs différences. Leur premier souci est de se fondre dans le moule de la normalité, et ils peuvent être particulièrement doués pour cela. Leur grand sens de l’observation et leur talent d’imitateurs leur permettent d’employer les codes sociaux d’une manière apparemment normale. À mesure qu’ils grandissent, les enfants Asperger acquièrent de plus en plus d’expérience. Ils savent ce que l’on attend d’eux dans telle ou telle situation donnée, et jouent souvent leur rôle à la perfection, en imitant les comportements qu’ils ont pu observer autour d’eux. Contrairement à un enfant typique, l’enfant Asperger ne comprend que peu de chose — voire rien du tout — à ce qu’il met en oeuvre, et ce qui passe pour une spontanéité sociale normale n’est en fait qu’un jeu de rôle parfaitement rôdé qu’il sait conforme à ce que l’on attend de lui. Un enfant Asperger peut être très bien élevé et relativement expressif, mais au-delà des conventions sociales et des expressions toutes faites, il sera incapable d’expliquer ce qui motive son comportement. Pour cette raison, les enfants Asperger peuvent rapidement passer maîtres dans l’art de paraître normaux, et compliquer fortement le processus de diagnostic en masquant les aspects les plus visibles de leur syndrome.
La présence des parents est nécessaire à l’établissement du diagnostic parce qu’ils constituent une précieuse source d’informations pour le professionnel. En tant que personne proche de l’enfant, ils peuvent apporter un témoignage objectif concernant son comportement et ses aptitudes, et aider ainsi le professionnel à identifier les éventuelles déformations (volontaires ou non) introduites par l’enfant. – Par exemple, Tony Attwood cite le cas d’un adulte en cours de diagnostic, qui affirmait que durant son enfance, il avait régulièrement invité des amis chez lui pour jouer avec lui. À première vue, cela infirmait l’hypothèse d’un déficit de socialisation. Mais lorsque M. Attwood a interrogé la mère de l’enfant à ce sujet, elle lui a répondu qu’en effet, d’autres enfants venaient régulièrement à la maison, mais que son fils ne jouait jamais avec eux : il restait dans son coin avec ses propres jouets, et en prêtait d’autres à ses visiteurs, évitant ainsi toute forme d’interaction sociale.

 

5.- Critères diagnostiques – DMS IV pour le syndrome Asperger :

Le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), émis par la société américaine de psychiatrie, fournit dans sa version 4 (DSM-IV) des critères concis permettant de diagnostiquer le syndrome d’Asperger. Il ne s’agit pas de la seule méthode de dépistage, mais elle fournit une vision d’ensemble du syndrome d’Asperger.

Selon le DSM-IV, pour être diagnostiqué Asperger, un individu doit remplir les six critères suivants
1. Altération qualitative des interactions sociales Le sujet doit présenter au moins deux des symptômes suivants
§ Altération marquée dans l’utilisation, pour réguler les interactions sociales, de comportements non-verbaux multiples, tels que le contact visuel, la mimique faciale, les postures corporelles et les gestes.
§ Incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau du développement.
§ Le sujet ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d’autres personnes (par exemple, il ne cherche pas à montrer, à désigner du doigt ou à apporter les objets qui l’intéressent).
§ Manque de réciprocité sociale ou émotionnelle.

2. Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités Le sujet doit présenter au moins un des symptômes suivants
§ Préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d’intérêt stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation.
§ Adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non-fonctionnels.
§ Maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (par exemple, battements ou torsions des mains ou des doigts, mouvements complexes de tout le corps).

3. La perturbation entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants.
4. Il n’existe pas de retard général du langage significatif sur le plan clinique
Par exemple, le sujet a utilisé des mots isolés vers l’âge de 2 ans et des phrases à valeur de communication vers l’âge de 3 ans.

5. Au cours de l’enfance, il n’y a pas eu de retard significatif sur le plan clinique. Aucun retard significatif n’a été constaté dans les domaines suivants
§ Le développement cognitif.
§ Le développement, en fonction de l’âge, des capacités d’autonomie.
§ Le développement, en fonction de l’âge, du comportement adaptatif (sauf dans le domaine de l’interaction sociale).
§ Le développement de la curiosité pour l’environnement.

6. Le trouble ne répond pas aux critères d’un autre trouble envahissant du développement spécifique, ni à ceux d’une schizophrénie.

Décryptage et illustration du DSM-IV
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Les critères du DSM-IV ont été rédigés à l’intention des professionnels de santé. Les textes qui suivent ont pour objectif de présenter les symptômes d’une manière plus simple et plus illustrée. Pour être diagnostiqué Asperger, l’enfant doit obligatoirement présenter les caractéristiques suivantes :

1. Des difficultés marquées dans la socialisation et la communication.
Au moins deux des quatre points suivants.-
§ Il ne communique pas normalement. Il ne regarde pas les autres dans les yeux, son visage est peu expressif et sa voix monocorde. Il n’utilise pas les gestes de la main pour illustrer son propos, et ses postures corporelles sont statiques. Il ressemble parfois à un automate doué de parole.
§ Il a du mal à se faire des connaissances et à les garder. Il n’aime pas jouer avec les enfants de son âge, qu’il trouve inintéressants, et préfère les interactions avec les adultes. Lorsqu’il parvient à se constituer un cercle de connaissances, il adopte avec eux un comportement dominateur et décalé.
§ Il n’a pas tendance à partager ses plaisirs avec les autres. Il est solitaire, et s’adonne seul aux activités qui l’intéressent. En revanche, si l’on manifeste un intérêt pour ce qui l’intéresse, il peut en parler durant des heures et ne sait plus s’arrêter. Il ne remarque pas l’ennui chez son interlocuteur.
§ Il semble manquer d’instinct social et ne réagit pas comme les autres enfants lorsqu’il est confronté à des situations typiques (par exemple, lorsqu’un de ses camarades tombe, il ne l’aide pas à se relever, ou bien il ne va pas chercher la balle lorsqu’elle a quitté le terrain de jeu). Il ne remarque pas les situations qui exigeraient de lui une réponse. Il a une forte tendance à ne pas se rendre compte que ses propos sont blessants, et est réticent aux excuses. Il manifeste peu de signes d’attention ou d’affection à l’égard de ses proches, sauf lorsqu’il y a un intérêt ou qu’il se sent concerné. Il parle constamment de lui, et ne s’intéresse pas aux autres ni à ce qu’ils ressentent.

2. Des intérêts restreints et très marqués, un mode de vie routinier et des maniérismes.
Au moins un des trois points suivants.-
§ L’enfant possède un ou plusieurs centres d’intérêts auxquels il consacre l’essentiel de son temps et de son énergie. Ces intérêts ont souvent un caractère envahissant, et peuvent concerner des sujets étranges ou peu courants (par exemple, les piles électriques, les panneaux de signalisation, les aspirateurs…). L’enfant manifeste peu d’intérêt pour les sujets différents de ses intérêts favoris.
§ L’enfant a une tendance marquée à la routine. Il dessine, s’habille et joue toujours de la même manière. Il manifeste son mécontentement ou sa colère lorsque ses habitudes sont modifiées, ou qu’il est interrompu. Il est réticent au changement, même lorsqu’il est motivé et expliqué. Il évite de prendre des risques, et ne ressent pas le besoin de modifier quelque chose qui, selon lui, fonctionne bien. Il n’est pas ouvert aux suggestions.
§ Il présente des tics ou maniérismes moteurs, qui peuvent ne se manifester que lorsqu’il est seul, anxieux ou qu’il fournit un effort intellectuel intense. Il peut se balancer doucement sur lui-même, tordre ses mains, bouger de manière frénétique et soudaine, ou encore émettre involontairement des sons répétitifs. Il peut aussi développer des troubles obsessionnels compulsifs.

3. L’enfant présente un déficit de socialisation, d’intégration ou des difficultés scolaires.
Il a peu ou pas d’amis et ne parvient pas à les conserver. Il est ostracisé par les autres enfants, qui le trouvent bizarre. Lorsqu’il tente de se faire ses amis, il adopte un comportement autoritaire qui ne suffit pas à masquer son décalage par rapport aux autres. Il peut être victime de brimades. Il a des difficultés importantes à travailler en équipe, ou à pratiquer un sport collectif. Il participe trop ou trop peu à la vie de la classe, et peut se trouver en échec scolaire. Il ne sait pas entretenir une conversation banale, et ne sait parler que de lui ou de ses intérêts.

4. L’enfant a une maîtrise supérieure à la normale du langage.
Le très jeune enfant a pu (ou non) présenter un retard de langage, qu’il a très rapidement comblé par la suite. Il parle très bien, possède un lexique riche, ne commet que très peu de fautes à l’écrit comme à l’oral. Il a tendance à corriger les autres lorsqu’ils en commettent. Son expression est complexe, et fait appel à de nombreux adjectifs et adverbes, même lorsqu’ils sont parfaitement inutiles, ce qui a pour conséquence de compliquer ses phrases. À cause de sa manière de s’exprimer, il passe pour quelqu’un de pédant et prétentieux. Il peut utiliser son aisance à l’oral pour affirmer son autorité et dominer ses camarades.

5. L’enfant n’a pas présenté de retard de développement cliniquement significatif.
L’enfant ne souffre d’aucun déficit intellectuel, et peut au contraire être ressenti comme intellectuellement précoce. Il a été propre, a su s’habiller et se laver à l’âge normal, ou très légèrement en retard. Il a pu présenter un retard dans l’acquisition de la marche. Il a manifesté une curiosité normale (ou précoce) pour son environnement. Il a acquis les codes sociaux fondamentaux à l’âge normal (politesse, habillement…)

6. Le trouble de l’enfant ne correspond pas aux critères d’un autre TED ni à ceux d’une schizophrénie L’enfant doit satisfaire à tous les critères suivants.-
§ L’enfant ne présente pas toutes les caractéristiques de l’autisme infantile
Pas d’indifférence aux autres
Pas d’altération sévère du langage
§ L’enfant ne présente pas toutes les caractéristiques d’autisme atypique
Pas de déficit intellectuel
Pas de tendances psychotiques
§ Si l’enfant est une fille, elle ne présente pas tous les critères du syndrome de Rett
Pas d’altération du langage
Pas d’altération de la marche
Pas d’altération du développement psychomoteur
Pas de perte de l’utilisation volontaire des mains (entre 6 et 30 mois)
§ L’enfant ne présente pas toutes les caractéristiques d’un trouble désintégratif de l’enfance
Pas d’altération du langage
Pas d’altération du développement psychomoteur
§ L’enfant ne présente pas toutes les caractéristiques d’une schizophrénie
Pas d’altération de l’hygiène
Pas d’altération des fonctions pratiques (s’habiller, se laver…)
Pas d’apathie (En raison de leur manque d’expressivité et de leur caractère solitaire, les enfants Asperger peuvent passer pour apathiques, bien qu’ils ne le soient pas)
Pas de langage incohérent.
Pas de troubles de la mémoire
Pas de propos incohérents (Beaucoup d’enfants Asperger s’expriment par métaphores. Ils peuvent par exemple dire « je pars en voyage » au lieu de « je vais faire des courses ». Pour l’enfant Asperger, ces deux expressions expriment une idée similaire, et il peut choisir d’employer indifféremment l’une ou l’autre, parce que toutes les deux expriment l’idée de son départ. À l’inverse, les propos incohérents typiques de la schizophrénie n’ont aucun rapport direct à la réalité)
Pas d’expériences délirantes ni d’hallucinations
Pas de manque d’anticipation (Au contraire d’un schizophrène, un enfant Asperger anticipe tout en permanence et est rarement pris au dépourvu).

…Les critères de diagnostic exposés supra regroupent sous une forme synthétique une myriade de symptômes différents, et sont souvent perçus comme trop généralistes par les parents qui s’interrogent au sujet de leur enfant. Les grandes caractéristiques du syndrome d’Asperger peuvent en effet se manifester d’une façon différente d’un enfant à l’autre.
Les parents doivent garder à l’esprit que le syndrome d’Asperger entraîne très souvent l’apparition d’autres pathologies dans son sillage, notamment des troubles anxieux. Tous les enfants présentant des troubles anxieux ne sont pas nécessairement atteints du syndrome d’Asperger. En revanche, si les troubles anxieux ne suffisent pas à expliquer l’intégralité des symptômes de l’enfant, et que celui-ci satisfait aux critères du DSM-IV, on peut envisager la possibilité qu’il soit atteint de ce syndrome.

Aucun enfant Asperger ne présente tous les symptômes à la fois. Il est capital de comprendre que malgré son allure anodine, le syndrome d’Asperger est un handicap réel et très important dans le développement de l’enfant. Un enfant pris en charge par une équipe thérapeutique peut faire des progrès rapides et considérables en matière de socialisation et de maîtrise de lui-même. Sans prise en charge, l’enfant va tenter de compenser maladroitement son handicap durant sa vie entière, et a de fortes de chances de connaître une précarité sociale, affective et professionnelle.

Le diagnostic est aussi important pour les parents que pour l’enfant, parce qu’il permet de mettre un nom sur les particularismes de l’enfant. Les parents se trouvent soulagés de trouver enfin des explications au comportement de leur enfant. Au fur et à mesure qu’il apprend à connaître son syndrome, l’enfant comprend enfin pourquoi il éprouve tant de difficultés à gérer les relations sociales. Le diagnostic apporte une amélioration de l’estime que l’enfant se porte à lui-même, qui est souvent déficitaire chez les enfants Asperger.

 

6.- Controverses, nouvelle classification DMS V pour le syndrome Asperger :

La question de la validité de cette entité (Syndrome d’Asperger) s’est posée dès son apparition dans les classifications. Ainsi, la CIM-10 précise que « le syndrome d’Asperger est un trouble de validité nosologique incertaine ». Dès son apparition dans les classifications en 1993, la validité diagnostique du syndrome d’Asperger et sa distinction avec l’autisme sans retard mental, a alimenté un nombre considérable de recherches. Ce débat, ouvrant sur la question de la validité des différentes sous-catégories des troubles envahissants du développement, a permis de proposer une nouvelle approche dans l’appréhension de l’autisme: d’une entité pathologique au pronostic sévère aux côtés d’autres troubles du développement, un glissement a eu lieu vers une compréhension dimensionnelle « du spectre de l’autisme » (Sahnoun, 2010).

Dans cette conception, l’AHN et le SA ne diffèrent que sur des aspects quantitatifs de leur symptomatologie. La majorité des études concernant l’éventuelle différence entre le SA et l’AHN ne semble pas avoir montré de distinction catégorielle entre ces deux entités. Les distinctions entre différents troubles à l’intérieur du spectre sont inconsistantes dans le temps, elles changent en fonction du contexte et elles sont souvent associées plus à la sévérité, le niveau du langage ou l’intelligence qu’aux traits caractéristiques du trouble (http://www.dsm5.org).

Les psychiatres de l’APA pour édition du DSM-5, proposent de supprimer le diagnostic de syndrome d’Asperger, pour l’intégrer et le mettre à une extrémité d’une unique classe de troubles envahissants du développement, désormais appelée trouble du spectre autistique (dont sont exclus également le syndrome de Rett et les troubles désintégratifs de l’enfance). L’autisme (de haut niveau ou non), le SA et les TED-NS seraient inclus dans un même continuum, dont les différences seraient fonction de la sévérité des troubles. Le SA serait donc une forme d’autisme légère ou une forme d’autisme avec niveau intellectuel élevé (Sahnoun, 2010).

Un patient avec un précédent diagnostic DSM-IV du syndrome d’Asperger pourrait être «relibellé» dans le DSM-5, comme des troubles du spectre autistique. Spécificateurs supplémentaires comprennent a) avec ou sans accompagnement déficience intellectuelle, b) avec ou sans accompagnement des troubles du langage, c) associée à une condition connue médicale ou génétique ou facteur environnemental, d) associé à un autre neurodéveloppemental, mental ou trouble du comportement, et e) avec la catatonie.

Alors que les différences de critères entre le syndrome d’Asperger et le trouble du spectre autistique semblent être subtiles, cela peut refléter l’inexactitude précédente trouvée dans les diagnostics qui a incité la nouvelle désignation DSM. Devant l’absence de validité des critères diagnostiques du SA, le manque de cohérence dans les différentes études comparant SA et AHN, et le choix d’une approche dimensionnelle des troubles mentaux, les psychiatres de l’APA (American Psychological Association) proposent de situer le syndrome à une extrémité du continuum autistique. Le changement le plus important dans le diagnostic peut en fait être l’élimination du nom d’Asperger lui-même.

 

© 2011 Ruby VILLAR-DOCUMET Psychologue à Paris

Neurothérapeute spécialiste en traitement de l’autisme Asperger par neurofeedbackPsychothérapeute

Cabinet : 2 Place Malvesin, 92400 Courbevoie (aux portes de Paris)

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