reseau-neuronal

Ruby Villar-Documet

Neurosciences et Psychophysiologie Clinique Appliquée

creveaux-bleu
cerveau-lumineux

Le Syndrome d’Asperger (TSA) Diagnostic, Décryptages, Neurofeedback

6.- Controverses, nouvelle classification DMS V pour le syndrome Asperger :

La question de la validité de cette entité (Syndrome d’Asperger) s’est posée dès son apparition dans les classifications. Ainsi, la CIM-10 précise que « le syndrome d’Asperger est un trouble de validité nosologique incertaine ». Dès son apparition dans les classifications en 1993, la validité diagnostique du syndrome d’Asperger et sa distinction avec l’autisme sans retard mental, a alimenté un nombre considérable de recherches. Ce débat, ouvrant sur la question de la validité des différentes sous-catégories des troubles envahissants du développement, a permis de proposer une nouvelle approche dans l’appréhension de l’autisme: d’une entité pathologique au pronostic sévère aux côtés d’autres troubles du développement, un glissement a eu lieu vers une compréhension dimensionnelle « du spectre de l’autisme » (Sahnoun, 2010).

Dans cette conception, l’AHN et le SA ne diffèrent que sur des aspects quantitatifs de leur symptomatologie. La majorité des études concernant l’éventuelle différence entre le SA et l’AHN ne semble pas avoir montré de distinction catégorielle entre ces deux entités. Les distinctions entre différents troubles à l’intérieur du spectre sont inconsistantes dans le temps, elles changent en fonction du contexte et elles sont souvent associées plus à la sévérité, le niveau du langage ou l’intelligence qu’aux traits caractéristiques du trouble (http://www.dsm5.org).

Les psychiatres de l’APA pour édition du DSM-5, proposent de supprimer le diagnostic de syndrome d’Asperger, pour l’intégrer et le mettre à une extrémité d’une unique classe de troubles envahissants du développement, désormais appelée trouble du spectre autistique (dont sont exclus également le syndrome de Rett et les troubles désintégratifs de l’enfance). L’autisme (de haut niveau ou non), le SA et les TED-NS seraient inclus dans un même continuum, dont les différences seraient fonction de la sévérité des troubles. Le SA serait donc une forme d’autisme légère ou une forme d’autisme avec niveau intellectuel élevé (Sahnoun, 2010).

Un patient avec un précédent diagnostic DSM-IV du syndrome d’Asperger pourrait être «relibellé» dans le DSM-5, comme des troubles du spectre autistique. Spécificateurs supplémentaires comprennent a) avec ou sans accompagnement déficience intellectuelle, b) avec ou sans accompagnement des troubles du langage, c) associée à une condition connue médicale ou génétique ou facteur environnemental, d) associé à un autre neurodéveloppemental, mental ou trouble du comportement, et e) avec la catatonie.

Alors que les différences de critères entre le syndrome d’Asperger et le trouble du spectre autistique semblent être subtiles, cela peut refléter l’inexactitude précédente trouvée dans les diagnostics qui a incité la nouvelle désignation DSM. Devant l’absence de validité des critères diagnostiques du SA, le manque de cohérence dans les différentes études comparant SA et AHN, et le choix d’une approche dimensionnelle des troubles mentaux, les psychiatres de l’APA (American Psychological Association) proposent de situer le syndrome à une extrémité du continuum autistique. Le changement le plus important dans le diagnostic peut en fait être l’élimination du nom d’Asperger lui-même.

Références
Repenser Aspergers: Comprendre le DSM-5 Diagnostic par Sheldon Cooper Présentation. Anthony Tobia * et Annmarie Toma. Rutgers Robert Wood Johnson Medical School, États-Unis
Anthony Tobia, MD, professeur agrégé de psychiatrie Rutgers Robert Wood Johnson Medical School, 671 Hoes Lane
Piscataway, NJ 08854, USA